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Mon métier, c'était l'imprimerie.
Ma passion, c'est la typographie.

Ce blog sera fait de commentaires sur mes visites sur certains blogs traitant de l'impression des timbres-poste.

vendredi 1 février 2013

EXPERT ? MAIS EN QUOI ?

Trouvé sur un site de vente avec un certificat d'expert :



Pour  ces timbres de carnet, la description de l'expert qui en est faite montre une méconnaissance totale de la fabrication des timbres-poste et des carnets.

Le début de la description jusqu'à raccord est juste ainsi que la dernière ligne qu'il serait difficile de ne pas reconnaître même pour un amateur.

Il n'y a pas eu d'annulation lors du contrôle, sinon le carnet aurait été retiré. La vérité est tout autre.

C'est lors du conditionnement des bobines après le gommage du papier que le collage a été fait, avant l'impression, le découpage et l'enroulement de la bobine de papier blanc. C'est au moment du collage de deux bobines mères lors de leur fabrication que le trait de crayon rouge a été tracé pour signaler le raccord, et ce n'est pas pour une rupture de la bobine sur la rotative.

Sur la rotative taille-douce, ce raccord a été imprimé normalement et la bande de papier a continué son chemin pour s'enrouler en deux bobines.

(Document ITVF)

Ces deux bobines seront reprises sur une confectionneuse carnet. Et c'est au moment de la fabrication des carnets que ce collage passera inaperçu et se retrouvera en vente parmi les autres carnets du paquet. Il n'y a pas de contrôle et encore moins de coup de crayon rouge à l'intérieur du carnet après la confection.

C'est un incident de fabrication qui s'est produit de nombreuses fois, certainement, pour le grand plaisir des collectionneurs. Il est dommage que les experts se trompent.





vendredi 25 janvier 2013

ACCIDENTEL ? NON !


Dans sa dernière vente sur offres, Atout Phil présentait cette pièce : 

Non dentelé accidentel rarissime dans les impressions rotatives, pièce  certainement unique, avec signature et certificat.

Comme quoi les experts peuvent se tromper, cette pièce laisse penser qu’ils ne connaissent pas très bien le fonctionnement et les contraintes des rotatives taille-douce, pour faire une telle description.

Ce n’est pas accidentel, mais le résultat d’une opération normale pour une intervention du service de la mécanique sur le bloc de perforage. Pour changer l’outil de perforage, le "jeu", la rotative est arrêtée naturellement. La bande de papier est coupée juste après le bloc et le papier est retiré en dehors de l’appareil.

(Bloc de perforage TD6 - Document ITVF)

La bande n’est plus perforée le temps de l’intervention et lors de l’avancement normal et par à-coup de la machine. Après, la bande de papier, déjà imprimée, est remise à sa place entre les aiguilles et la plaque perforée correspondante, et recollée au morceau précédent de la coupure avec un adhésif pour continuer sa progression vers la sortie, laissant un certain nombre de timbres sans perforage.

Ce n’est pas un accident rarissime, mais une opération courante et normale, presque journalière. Ce qui est rarissime, c’est de retrouver ces timbres dans le circuit philatélique. L’intervention a provoqué un nombre considérable de feuilles fautées qui n’ont pas pu échapper à la vérificatrice et se sont retrouvées normalement dans les rebuts pour être détruites. Ce morceau de feuille a échappé à la destruction en rapportant un peu d’argent de poche à des agents indélicats.

Cette façon de procéder pour changer le "jeu" se faisait également sur les rotatives typographiques où également il est impossible d'avoir, en marche normale, des oublis de perforage.

Mais des non dentelés accidentels sont maintenant possibles avec le système APS de perforage par abrasion du papier, système qui peut être retiré momentanément et remis en appuyant sur un bouton, sans arrêter la rotative. Et vu le grand nombre de feuilles retrouvées sans perforage, on peut supposer que la vérification n'est plus ce qu'elle était.

Il est à noter que sur la rotative taille-douce 6 couleurs, le perforage se fait par deux bandes de timbres à chaque fois. La bande montrée a donc été découpée au milieu pour ne laisser qu’une seule rangée perforée.

Une mise à prix de 4500 € pour ce "résidu de poubelle" authentique, je vous laisse calculer le prix de la tonne de déchets.

samedi 12 janvier 2013

DÉFAUTS EN TAILLE-DOUCE


Bravo. Il faut complimenter le chroniqueur d’un Magazine sur les timbres. Ce mois-ci dans sa rubrique sur les timbres et leurs variétés, il a donné la bonne réponse :


Il s’agit bien d’un "assèchement" de l’encrier. Ce terme indique un manque d’encre dans l’encrier de la couleur disparue. Mais cela peut aussi être le résultat d’un autre phénomène. L’encre taille-douce n’est pas fluide, elle est même pâteuse. Par sa consistance, on peut dire qu’elle tourne dans l’encrier en formant une sorte de rouleau au contact du "ducteur", ce cylindre métallique de l’encrier qui imprègne le "toucheur" découpé. Elle est tellement pâteuse, qu’il arrive un moment où elle n’est plus en contact avec le ducteur en laissant un vide. On dit : elle dort. Le toucheur ne reçoit plus d’encre et le cliché non plus, laissant la couleur disparaître.

La couleur disparaît progressivement en commençant par le milieu de la forme pour finir par les bords.

(Timbres dans le sens de l'impression)

Mais quand le conducteur remet de l'encre, c'est au milieu que l'impression revient en premier, laissant un timbre du bord sans la couleur .

(Timbres dans le sens de l'impression)


Mais ce chroniqueur s’est trompé une fois précédente en donnant une mauvaise raison à un manque d’encre. Ce n’est pas un essuyage trop brutal qui a pu enlever l’encre. Même s’il arrive qu’un essuyeur soit trop "bridé", il n’enlève pas complètement l’encre d’une seule couleur sans en laisser dans l’autre juste à côté, ce n’est pas possible.



Pareillement pour ce timbre en impression mixte, offset-taille-douce. Si le texte en noir en taille-douce est incomplet, ce n’est pas un assèchement d’un encrier mais un défaut de pression insuffisante juste au moment où la pression est enlevée pour une interruption ou un arrêt ou bien remise lors d'un redémarrage de la presse PTD4, presse taille-douce à feuilles. Naturellement cette feuille fautée inévitable aurait du être détruite après la vérification, mais ...

Une erreur d’interprétation pour cet autre timbre :


Ce n’est pas un ajout d’encre bleue dans l’encrier du rouge qui assombrit la tranche du livre, sinon il n’y aurait plus de rouge du tout. Il faut plutôt y voir un traînage de l’encre à l’essuyage, essuyage qui se fait de gauche à droite pour ce timbre. Ce phénomène a déjà été décrit dans un précédent message.

Pour un mélange de l’encre, voici ce que ça donne comme pour ce timbre où un peu de noir est tombé dans l'encrier du bleu :

(Timbres dans le sens de l'impression)


Pourtant, ce chroniqueur a eu en partie raison pour cet exemple :


Il y a bien un oubli dans le découpage d’un rouleau "toucheur" qui dépose son encre à un endroit où il ne faudrait pas, mais aussi du traînage.

Il est bien dommage qu'autant d'erreurs pour des explications soient faites dans un magazine de cette qualité, et que les lecteurs prendront pour vraies et plus tard indiscutables comme pour certains écrits d'experts reconnus.

samedi 5 janvier 2013

DOUBLE IMPRESSION


Voici un exemple trouvé sur un forum, qui va nous fournir un sujet de réflexions sur l’impression des premiers timbres français, et en particulier ces timbres type « Aigle des colonies » :



Au premier regard, l’impression est doublée. La feuille a été imprimée deux fois.

Certains penseront à des essais, des feuilles de mise en route, mais différentes hypothèses peuvent être contradictoires.

Si on pense à des essais d’impression, à bien y regarder, on ne voit pas très bien les différences sur ce timbre entre les deux impressions. Une question se pose. Il faut se souvenir que dans un premier temps les timbres étaient imprimés sur des presses typographiques à bras.



Et à moins de penser que les imprimeurs de cette époque étaient assez idiots pour se fatiguer à encrer toute la forme à la main avec un rouleau, à marger une feuille déjà imprimée, à tourner la manivelle pour amener la forme sous la platine et donner un grand coup de barreau, ce bras de levier très pénible à manœuvrer, pour obtenir une deuxième impression où en définitive on ne voit rien du résultat, la réponse à cette question est probablement ailleurs.



Pour ces timbres de type « Aigle », on ne trouve pratiquement pas de défauts d’impression. Les détails des traits sont fins et le noir de la couronne est toujours bien net, contrairement à l’impression des timbres courants, de type « Empire » où certains filets sont brisés et les noirs avec des points blancs.



Il n’y a eu qu’un seul galvano de fait pour chaque valeur, surtout si chaque galvano coûtait 1 500 francs de l’époque, excepté un galvano de remplacement, en raison de la faible quantité de timbres demandée. En 11 ans, pour le 80 c., 403 920 timbres ont été livrés, soit l’équivalent de 2 244 feuilles de 180 figurines, et même pour le 10 c., 5 523 460 timbres, soit 30 686 feuilles imprimées, ce qui est relativement peu pour chaque livraison.

La qualité de l’impression et sa régularité de pression ne peut que faire penser à l’utilisation d’une presse en blanc à cylindre, de type Alauzet ou Marinoni. En 1859, ce genre de presse mécanique commence à se répandre, et il ne serait pas surprenant que Hulot ait pu en avoir une à sa disposition, ce qui reste encore à démontrer, mais pas impossible, en raison du peu d'informations sur ce sujet.



Ce qui pourrait expliquer les feuilles avec des impressions multiples, tellement faciles et presque sans effort avec de type de presse. Même celles avec des impressions multiples ou à l’envers avec un encrage très faible qui ne peuvent s’expliquer par un manque d’encre, ou un assèchement de l’encrier, avec un rouleau à main. A moins de penser qu’ils étaient idiots, alors qu’il suffit de soulever les rouleaux de la presse sur leurs supports, pour que la forme ne soit plus encrée et qu’il ne reste plus d’encre sur celle-ci pour pouvoir la nettoyer plus facilement sans se fatiguer.



Ces feuilles n'avaient pas d'autre utilité et plutôt que d’appeler ces feuilles d’"essais" ou de "mise en train", il serait plus judicieux de leur donner le nom de "feuilles de décharge". Non, les imprimeurs n’étaient pas stupides, ils ne faisaient rien d’inutile et savaient très bien ménager leurs efforts.


dimanche 30 décembre 2012

DRÔLES DE TYPES


Les catalogues de cotation s’accordent pour déterminer deux types pour ce timbre de l’Exposition coloniale internationale de Paris :

Type I


Pour cette femme "Fachi" de 50 centimes, le type I avec la gravure normale, identique aux autres valeurs, et un type II avec  pour différence un front dégagé (sans les traits) et un menton souligné par un trait blanc.

Voilà qui est bizarre pour un timbre imprimé en typographie rotative et qui n’a pas eu une durée d’émission importante, à peine un an.

Deux types pour ce timbre, ce qui voudrait dire deux poinçons, deux galvanos types et deux sortes de galvanos de service. Cela ne paraît pas pensable. Pourquoi avoir enlevé la mèche de cheveux et gravé une ligne blanche sous le menton ?



Et pourtant, la mèche a disparu et la ligne blanche existe. La solution à cette énigme ne peut pas être un poinçon retouché.

En typographie rotative, la mise en train du cylindre de pression est importante pour le rendu de l’impression. Il était procédé à des découpages pour enlever les parties blanches ou les traits fins, pour accentuer les parties plus foncées, appelés par les philatélistes les « coussinets ».

(Coussinets pour type Mercure)


Contrairement aux autres timbres de ces émissions "Femme Fachi" et pour ce qui concerne les timbres appelés type II, il y a eu des découpages sur du papier épais qui ne s’imposaient pas. La différence de pression sur la bordure de la découpe à leur emplacement a réduit la netteté des mèches et laissé un trait blanc sous le menton par un manque de pression. La meilleure preuve est que ce trait blanc n’est pas toujours pareil sur tous les timbres, ce qui ne serait pas le cas si le poinçon avait été retouché.

Ce qui est étonnant, c’est que personne n’ait pensé à cette possibilité avant d’attribuer un deuxième type à cette "variété".


Pour ce 25 centimes "Cérès" imprimé après l'empire, des types II et III ont été attribués, comme dans "Timbres Magazine" de Décembre.


Et le type III est signalé avec des points de couleurs dans les branches supérieures des coins.


Un peu comme si du métal était remonté du fond de la taille d'épargne pour venir faire un point à un endroit où il n'en faudrait pas. Ce qui est étonnant puisque ces tirages ont été faits avec les galvanos utilisés en 1850, on y retrouve le tête-bêche. Et ces types II et III ne sont pas mentionnés pour les tirages de cette année 1850 ? 

En vérité, ces points de couleurs résultent de résidus d'encre sèche venus s'accumuler à la longue dans des endroits difficiles à nettoyer et surtout difficile à voir. De plus, ils n'avaient pas l'importance que certains leur accordent maintenant.

Meilleurs Voeux de bonheur et de santé à tous pour cette nouvelle année 2013.

dimanche 23 décembre 2012

IMPRESSION DES DEUX CÔTÉS

Vu sur le "Blog philatélie" de Dominique 
ce bloc de 4 timbres impression des deux côtés :



Ce bloc avec une impression à l'endroit et au verso sur la gomme, n'est pas une impression recto-verso normale comme il a pu s'en produire accidentellement en impression rotative. Si cela est possible lorsque la bande de papier présente un trou et que le cylindre de pression reçoit de l'encre à l'emplacement de ce trou. Au tour suivant, les timbres se retrouvent avec une impression recto-verso, mais le verso est à l'envers et à sa place.

On ne peut pas supposer que la bande de papier ait pu faire un deuxième passage sous le bloc d'impression de la rotative, et de plus retournée à l'envers, c'est mécaniquement impossible !

Si l'impression avait été faite sur des presses en blanc à cylindre, la feuille aurait pu passer une deuxième fois, imprimée à l'envers sur la gomme, mais cela ne semble pas le cas. Alors ?

La seule solution possible consiste à faire passer une feuille déjà imprimée, retournée, posée sur la bande de papier avant le bloc d'impression et de la retirer aussitôt pour éviter qu'elle soit perforée une deuxième fois. Pour ce bloc de quatre, on peut envisager une certaine expérience de l'opérateur pour avoir positionné cette feuille pour que l'impression soit centrée par rapport au perforage, à part un léger décalage latéral.

Ce n'est donc pas accidentel, mais volontaire et frauduleux et ... il y a prescription. Ce bloc n'est certainement pas le seul.

Pour tous un "Joyeux Noël".

samedi 1 décembre 2012

ÉPREUVES DE LUXE TYPOGRAPHIQUES


Bien avant les épreuves de luxe en taille-douce, et depuis 1923, il y a eu celles en typographie, naturellement puisque les premiers timbres ont été imprimés par ce procédé, que ce soit en typographie à plat ou rotative.



Pendant très longtemps, l’impression de ces épreuves de luxe se faisait sur des presses à bras, celles utilisées pour l’impression des premiers timbres français, selon le principe plat contre plat, alors que l’impression des feuilles de timbres se faisait sur rotatives.



Un cliché galvanique d’un timbre était fait et monté à hauteur typographique, (23,56 mm.) c’est-à-dire à la même hauteur qu’un caractère d’imprimerie, pour servir à cette impression. Les feuilles de papier étaient perforées avec les trous de sécurité, les mêmes que pour les feuilles des impressions à plat sur les presses à cylindre. Une ligne était imprimée également avec la mention de la provenance : "Atelier de fabrication des timbres-poste – Paris." Il ne faut pas les confondre avec les épreuves d’essais de couleurs, présentées ainsi :




Il y a eu aussi de très belles épreuves collectives :



(Épreuve collective perforée)

Ainsi que des épreuves des poinçons pour chaque couleur :



La mention inscrite en bas à droite changera, devenant "Imprimerie des Timbres-Poste – Paris."




France remplacera Paris après l’installation de l’imprimerie à Boulazac et les épreuves de luxe typographiques seront imprimées sur des presses à platine plus modernes comme les "Foulont", au "Service des Minerves", au lieu des "Presses à Bras", comme pour les derniers timbres grand format imprimés en typographie en 1972.