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Mon métier, c'était l'imprimerie.
Ma passion, c'est la typographie.

Ce blog sera fait de commentaires sur mes visites sur certains blogs traitant de l'impression des timbres-poste.

dimanche 18 octobre 2020

LA GRANDE CASSURE

Les philatélistes spécialistes des timbres « classiques », ces timbres imprimés sous la direction d’Anatole Hulot, juste avant, pendant le 2me empire et un peu après, connaissent très bien cette appellation de « grande cassure » et savent la situer sur les feuilles du n° 60, Cérès 25 centimes bleu, appelé panneau A2.

Le galvano a tout d’abord servi pour l’impression des timbres de 1850. Il a été réutilisé en 1871.

Mais ce galvano a été cassé en 3, comme on peut le voir sur cette image du Musée Postal, ce qui lui vaut cette appellation de « grande cassure ». A quel moment et comment, il est bien difficile de le dire.

Certains grands philatélistes ont beaucoup écrit à son sujet, d’autres ont fait son planchage, opération qui consiste à retrouver la place de chaque timbre sur la feuille entière de timbres.

Il est facile de retrouver l’emplacement de chaque timbre de la rangée du bas de feuille en raison des défauts bien visibles de ces timbres après leur impression. Le galvano s’est cassé en partageant le haut de certains timbres. Le filet du haut est resté sur le grand morceau et manque sur le petit morceau en bas de feuille. Voici ce qu’on obtiendrait en imprimant uniquement le timbre de ce morceau : 


La partie du haut de ce timbre est restée sur le galvano en dessous du timbre de la rangée du dessus.

Certains philatélistes ont écrit qu’il y avait eu des remplaçants pour cette rangée. C’est impossible puisque ce petit bout de timbre est resté sur le galvano et qu’il aurait fallu l’enlever pour laisser la place à un timbre entier, alors qu’il est toujours là sur le grand morceau. D’autres ont prétendu à une réparation ou tentative de réparation, alors que les bords de la cassure sont bien nets, à peine salis par la benzine pour le nettoyage de l’encre, et ne présentent aucune trace de ces tentatives. Il suffit de voir le galvano pour le constater.

Ce galvano a servi cassé, les 2 morceaux ont été refixés à leur place avec des vis, dont on peut voir les trous sur le galvano, mais il reste du blanc à la jointure, et ce blanc est plus ou moins large, ce que les philatélistes appellent état, en donnant une sorte de chronologie en fonction de la largeur du blanc.

Il est probable que ces états ne soient pas classés dans le bon ordre chronologique, la largeur du blanc a dû varier au cours des journées, soit en démontant et remontant les morceaux du galvano pour le nettoyage de la forme, soit en serrant les vis plus ou moins fort. Les philatélistes ont pensé à une usure, mais il n’en est rien, comme on peut le voir à l’œil nu sur le galvano. Mais c’est bien la mise en train pour la pression qui s’est usée, déformée, écrasée, pour donner par manque de pression à certains endroits les petits blancs sur les filets ou ailleurs. De là à les classer dans l’ordre d’apparence, il n’y a rien de certain, une petite intervention sur la mise en train à un moment donné et tout est changé. Il ne faut pas oublier non plus que les presses à bras utilisées à l’époque n’avaient pas la qualité d’impression que l’on trouvera avec les presses à cylindre.

Pour les « remplaçants » il faudrait peut-être penser que ce galvano a servi entier avant d’être cassé.

Il est facile, pour un œil averti, de constater des défauts d’impression sur des timbres imprimés, mais en tirer des conclusions sur ces seuls « bouts de papier », sans avoir vu les éléments qui ont produit ces défauts, sans en connaître la façon d’imprimer ni même le matériel, c’est une autre histoire.

mercredi 29 avril 2020

CE N'EST PAS LE PAPIER

Sur le Forum des Collectionneurs  http://collections.forumgratuit.org/t19769-les-papiers ce sujet à propos du papier utilisé pour ce timbre du début du 20e siècle :

(illustration prise sur le forum)

Avec ce commentaire : "ils ont une impression "mouchetée" que l'on pourrait attribuer à une encre trop épaisse ou à un tramage", avec une interrogation sur la nature du papier ou de son éventuel tramage en losange suivi d'un descriptif sur les différents papiers utilisés.

Si différents papiers ont été utilisés pour ces timbres "Semeuses" tout au long de leur usage, le "tramage", que l'on peut apercevoir en lumière rasante, résultat de l'empreinte de la trame métallique lors de la fabrication du papier, n'est pas suffisant pour expliquer tous les points blancs de l'impression "mouchetée". Ces "cuvettes" microscopiques ne sont pas suffisamment profondes pour donner un tel résultat.

Il faut savoir que les timbres de l'époque étaient imprimés sur des presses de ce type :

(illustration Musée de l'imprimerie de Lyon)

Le cylindre de pression de ces presses était garni de plusieurs épaisseurs de papier et recouvert d'une toile de tissus ou bien de moleskine. Cette toile avait bien une trame, comme tous les tissus. Ces presses n'avaient pas de système de réglages de la pression, le réglage était fait en ajoutant ou en enlevant une feuille de papier d'habillage.

Mais pour notre Semeuse "mouchetée" ce n'est pas l'encre trop épaisse qui peut donner cet aspect, mais plutôt un manque de pression, il manque une ou plusieurs feuilles d'habillage en dessous des découpages de la mise en train, les "coussinets", pour avoir une pression suffisante pour écraser les inégalités de la trame du tissus qui recouvrait le cylindre.

Ces points en losange ne viennent pas de l'encrage, encore moins de la trame du papier, mais viennent bien d'un manque de pression du cylindre et de la toile qui n'était pas assez écrasée.

Par contre, pour les timbres ci-dessous, c'est bien l'encrage, avec une encre peut-être trop siccative ou mal broyée, qui donne une telle impression "mouchetée".

(illustration prise sur le forum)

Il n'est pas évident pour un philatéliste qui ne connaît pas comment étaient imprimés les timbres-poste, encore moins la façon d'imprimer sur les différentes presses, de donner une bonne réponse sur l'origine de tous les défauts de l'impression typographique.

samedi 27 octobre 2018

MISES EN TRAIN TRÈS DÉCORATIVES


Au cours de ses visites au Musée Postal, le Docteur Fromaigeat a certainement vu ce type de documents, des mises en train pour des timbres au type « Cérès » :


Voici le commentaire qu’il en a fait dans un de ses ouvrages :


Ce n’est probablement pas la bonne raison. D'autres exemples que l’on peut voir au Musée Postal le prouvent :

(Document Musée Postal)

Pour tous ces exemples de mises en train que l’on peut voir, soit au Musée, soit dans les collections ou chez les vendeurs, en réalité, très peu ont servi pour une impression. Et cela n’est pas étonnant. A cette époque, les mises en train étaient collées directement sur le papier tendu sur le cadre du tympan et ne pouvaient être réutilisées, à part peut-être ce type de mise en train :

(Document Musée Postal)

Ce type est plus exactement une « mise entre cuir et chair » collée entre le galvano (le cuir) et son support en bois (la chair) où le galvano est cloué ou vissé.

Il aurait été certainement plus logique de marquer directement sur la mise en train les indications concernant le galvano correspondant, même si la valeur imprimée sur les découpages utilisés n’était pas la bonne. De plus cette façon de faire, même si elle est très esthétique, est une perte de temps et ne sert à rien pour l’impression.

Mais ce que le Docteur Fromaigeat n’a pas su voir, c’est que cette mise en train « très décorative » n’a pas servi pour l’impression des timbres. Elle n’a pas pu servir pour les premiers timbres « Cérès » sur des presses à bras puisque ce type de « découpures » n’a été imaginé que plus tard vers 1855 par un imprimeur du nom de Derniame et probablement pour des presses à cylindre où ce type de mise en train donne sa pleine utilité.

Si cette mise en train très spéciale a été confectionnée par un ouvrier imprimeur avec un temps beaucoup plus long que nécessaire, on peut raisonnablement penser qu’elle a servi pour une exposition pour montrer le savoir-faire de l’imprimerie des timbres.

Ces mises en train non utilisées n'ont certainement pas été vendues dans des bureaux de poste, elles ont été conservées par Anatole Hulot, ainsi que de nombreuses feuilles d’essais, des feuilles imprimées de couleurs différentes sur papier fort, ou plus faible, en prévision de découpages pour d’autres mises en train ultérieures, mais qui n’ont pas servies. Elles ont sans doute été vendues après sa disparition à des marchands, comme le « Vervelle », et certaines de ces feuilles ont été coupées en morceaux pour être vendues plus facilement à des collectionneurs.

dimanche 7 octobre 2018

LE MANCHON


Dans la revue « Marianne » du 3me trimestre 2018, bulletin du Cercle des Amis de Marianne, un article au sujet des barres phosphorescentes demande un petit rectificatif :


Il y est question de « manchon » décalé en hauteur et en largeur. Ces bandes ont été imprimées avec des cylindres tournés et usinés pour obtenir un cylindre cliché avec les bandes en relief. Ces cylindres sont fixés sur leur axe et entraînés par un engrenage. Ils ne peuvent bouger dans un sens ou dans l’autre.

"Manchons" métalliques

 Cylindre sur la rotative taille-douce

Mais par contre, c’est la bande de papier imprimée qui peut se déplacer, soit en largeur soit en hauteur, par des dispositifs qui modifient la position par rapport au cylindre cliché, en alignant latéralement et en rallongeant (ou raccourcissant) la course du papier avec des embarreurs. 

 

Ce « manchon » est toujours le même quand il est installé. Il n’y a pas eu de cylindre cliché plus large ou défectueux. Mais au cours d’un tirage, tout peut arriver. Il faut savoir que le papier est souvent « maltraité » tout le long de la rotative. La bande de papier est séchée, humidifiée, écrasée par l’impression avec la virole, séchée dans un four IR, imprimée pour les bandes et séchée dans un four UV. Et à chaque opération, la bande varie en largeur, plus ou moins selon la chaleur des fours et selon une humidification plus ou moins importante, ce qui provoque un certain nombre de variations en largeur.

C’est donc le papier plus ou moins humidifié et séché qui varie et non le « manchon ». Il faut savoir également que l’emplacement exact des bandes n’est pas primordial et que toutes les variations sont acceptées et non rebutées. Il n’y a que les collectionneurs pour chercher ainsi la moindre variation, trouver des anomalies. Les trouver c’est bien, mais c’est beaucoup plus difficile d’en donner les bonnes raisons sur le plan technique.

lundi 2 avril 2018

MATÉRIEL D'IMPRESSION TYPOGRAPHIQUE DES TIMBRES-POSTE FRANÇAIS

Les premiers timbres-poste français émis en 1849 ont été imprimés sur des presses à platine typographiques à bras de type "Stanhope", l'encrage se fait à la main avec un rouleau encreur :

et sur des presses à cylindre, probablement celles construites par Marinoni :


Après la période "Hulot" la Banque de France reprend en 1876 la fabrication des timbres-poste et utilise les machines employées pour les billets de banque, les presses à platine de type Napier construites par Marinoni :


Ces presses sont reprises à l'Atelier de Fabrication des timbres-poste et au Boulevard Brune en 1895, et remplacées vers 1900 par des presses à cylindre à feuilles avec marge manuelle fabriquées par Marinoni, Alauzet, Dutartre ou Lembert avec sa presse deux tours avec margeur automatique :

Presse à cylindre "Dutartre"

Presse à cylindre deux tours "Lembert" avec margeur automatique

En 1922, l'impression devient rotative, les clichés obtenus par galvanoplastie, plats depuis l'origine, peuvent être cintrés et être utilisés sur les cylindres de ces machines construites par Chambon : 

Première rotative

Rotatives avec réception en bobine

Une bobine de papier alimente la rotative qui imprime, perfore et coupe les feuilles de timbres ou enroule la bande de papier en bobines pour confectionner les carnets ou les roulettes. Ce type de rotative sera utilisé jusqu'en 1986.

Sur le même principe, des rotatives "Chambon" un peu plus larges ont été utilisées pour les mandats et autres productions comme les "bons pour un paquet" en franchise postale, et même une rotative fut transformée pour la fabrication des vignettes automobiles.

Ce type de presse à platine avec marge manuelle a donné son nom au service des "Minerves"  :

Presse "Minerve" de Berthier

Ces presses servaient pour l'impression des surcharges et changement de valeur sur des feuilles de timbres déjà imprimées et coupées. Elles seront remplacées par ces presses "FLbis" Foulont et Langenhagen avec margeur automatique :


Ces presses "FL" ont servi également pour l'impression des coupons-réponse.

D'autres presses typographiques, plus modernes, "Heidelberg" à platine ou à cylindre ont été utilisées pour des productions autres que les timbres-poste.

jeudi 18 janvier 2018

TIMBRE PLUS HAUT

Sur le forum des collectionneurs, http://collections.conceptbb.com/t17120-130f-roulette-tout-savoir-enfin  ce sujet sur ce timbre de roulette de 1923 :

 
(image proposée par LECOQ)

Dans la documentation, des textes proposés, sur l’Echo de la Timbrologie aux mois de Octobre, Novembre, Décembre 1971 et Mai 1972, écrits par le Colonel Deloste au sujet de ce timbre Semeuse 15c lignée avec ces lignes :



Il n’est pas possible d’être en accord avec cette opinion. Le galvano d’un timbre de 22 mm de haut ne peut pas s’allonger d’un demi-millimètre au cintrage.

Ce timbre au type VI a été imprimé en 1923 uniquement en impression rotative avec 20 hauteurs de timbres à chaque tour de cylindre clichés et sans interruptions tous les 10 timbres, pour confectionner des roulettes de timbres. Ce timbre a été précédemment imprimé en feuilles sur des presses en blanc à cylindre avec des galvanos plats. Il a donc fallu confectionner de nouveaux galvanos à partir du même poinçon original, légèrement nettoyé avec quelques retouches au burin.


Les galvanos de service ont été cintrés pour être fixés sur un cylindre clichés, par le procédé de la fibre neutre, la partie du galvano en cuivre placée entre deux couches de plomb, la couche centrale ayant la particularité de ne pas se déformer au cintrage, comme l’écrit M. Pouget, adjoint au Directeur de l’Atelier des Timbres-poste, dans un ouvrage de 1938 :


On ne peut pas en douter, si un timbre s’allongeait autant, cela ferait plus de 2 mm sur 5 hauteurs de timbres, ce n’est pas possible avec le procédé, même pour un cintrage pour un cylindre de 20 hauteurs de timbres, soit 480 mm de circonférence.

Et pourtant on peut constater un allongement de la hauteur des timbres après l’impression, ce qui peut expliquer les hypothèses de certains philatélistes et leurs commentaires. Ils ne sont pas imprimeurs de timbres-poste en typographie.

Le papier ne s’est pas allongé, sans aucun doute, puisque la dimension du perforage est correcte. Un autre contributeur du forum, Jean-Luc apporte involontairement, l’image de la solution de l’énigme.

(comparaison entre une bande de roulette en impression rotative (à gauche) et la feuille du Musée)
Merci Jean-Luc.

Les cylindres d’appel de la rotative entraînent bien le papier pour que le perforage soit fait à 24 mm en hauteur normalement pour chaque timbre. Ce n’est pas le papier qui s’allonge. Si ce n’est pas, on le sait, le galvano qui se déforme, ça ne peut être que l’impression. Mais pourquoi ?

Pour l’impression typographique, il y a des anomalies qui sont connues depuis les machines modernes. On sait que si la vitesse de déplacement de la forme n’est pas la même que celle du papier, il y a une déformation de l’impression. Dans notre cas, le déplacement du papier est correct, régulé par le diamètre des cylindres d’appel en début et fin de machine.

Mais le diamètre du cylindre des galvanos est inférieur à celui des cylindres d’appel, probablement une erreur que personne n’a vue à l’époque. Le cylindre support des galvanos est trop petit, les 4 galvanos de service, à la bonne dimension, sont trop longs pour faire le tour. Il faut donc les scier en bandes et réduire leur écartement pour pouvoir les fixer sur le cylindre, ce que montre la bande de gauche. 

Sur la rotative, le cylindre des clichés est entraîné par des engrenages et un tour de cylindre reste un tour quel que soit son diamètre et sa circonférence réduite et quand le papier passe sous les clichés, l’impression doit rattraper son retard en glissant d’une manière très difficile à voir, en allongeant la hauteur de chaque timbre sur 2 ou 3 dixièmes de millimètre. On pourrait calculer si on connaissait le diamètre réel du cylindre, et sa circonférence, la vitesse linéaire du papier étant plus rapide que celle des parties imprimantes du cylindre des clichés.


Cette déformation n’avait pas d’importance et personne ne s’en est occupé, à part les philatélistes plus tard, pas plus que dans d’autres cas où un excès de collage de papier, entre "cuir et chair" sous les bandes des galvanos, entraînant une augmentation de la circonférence et un mauvais perforage à un endroit déterminé, comme expliqué dans un article précédent du 8 octobre 2012.

lundi 6 novembre 2017

MATÉRIEL D’IMPRESSION TAILLE-DOUCE DES TIMBRES-POSTE FRANÇAIS

Le premier timbre-poste en taille-douce français a été imprimé sur une presse à bras, le cliché plat encré et essuyé à la main. Le poinçon original gravé sur une plaque d’acier a été durci. Une molette avec l’empreinte en relief a servi à multiplier les 50 reproductions de la gravure sur une plaque de métal.


Le papier était humidifié avant l’impression sur la presse à bras, puis gommé et perforé comme pour les timbres imprimés en typographie à plat.

Presses à bras taille-douce

Il est surprenant que les philatélistes aient distingué 3 types différents sur la même feuille alors que c’est la même roulette de transfert qui a été utilisée. Ces « variétés » sont probablement dues à la main de l’ouvrier qui a vidé plus ou moins les tailles de la gravure en essuyant la plaque.

3 timbres avec les 3 "types" distingués

Toutes ces opérations étaient lentes et délicates, ce qui a décidé les responsables à investir dans du matériel plus rapide. Il a été fait appel à la Maison Chambon, constructeur de la rotative typographique.

La première presse rotative taille-douce française fut mise en service en 1929.


Le premier timbre imprimé sur cette machine est le timbre « La Rochelle » à partir du 22 mars 1929 :



Le cylindre cliché a été produit d’après le poinçon durci, en utilisant une molette transfert durcie à son tour, sur une presse à transfert de ce type :


L’impression se fait directement sur du papier gommé, en bobine, le numéro de feuille et la date sont imprimés, une bobine de papier anti-macule est déroulée et la perforation est faite « à la volée » sur la machine, les feuilles de timbres sont coupées avant d’être déposées à la sortie de la rotative.

L’encrage est monochrome, l’encre est déposée avec un rouleau, l’essuyage est fait par une raclette et des bandes de chiffons. Voici comment est décrit le fonctionnement par M. Pouget, adjoint au Directeur de l’Atelier des Timbres-Poste en 1938 :


Après avoir fait breveter un nouveau système d’essuyage, M. Serge Beaune contribue à l’amélioration, et le 2 mars 1939, avec trois rouleaux encreurs découpés, la rotative TD3 est née :


Des améliorations seront apportées, commandes électriques, aspirations des vapeurs de trichloréthylène, ou une virole monobloc remplaçant les 3 coquilles clichés.

Coquille clichés de TD3 (Doc. ITVF)

Rotative taille-douce 3 couleurs « Chambon » en 1947

Ces rotatives TD3, simples et robustes dans leur principe, mais délicates dans leur conduite, serviront jusqu’au 13 juin 1997, remplacées progressivement par des rotatives plus rapides, les TD6 Chambon.
               

En 1960, apparait la première presse taille-douce 6 couleurs « Chambon ».  Voici la description faite dans son livret par M. J. Ginéfri, directeur de production à l’Imprimerie de Boulazac :

« La première machine de ce type, mise en service en 1960, comporte deux éléments d’impression pouvant imprimer chacun trois couleurs. L’un est un élément report utilisant la technique de l’offset, c’est-à-dire que le cylindre cliché n’est pas en contact direct avec le papier mais avec un cylindre en matière plastique qui reporte sur le papier, l’impression qu’il reçoit lui-même. Cette phase d’impression est appelée taille-douce indirecte ou taille-douce report ; elle exige que le cliché présente une gravure à l’endroit. C’est en raison du risque de maculage pouvant résulter de la superposition de deux impressions en taille-douce, essentiellement caractérisées par un relief, que le principe du report est appliqué en premier lieu. Le deuxième élément de la machine est un élément taille-douce directe analogue à celui de la rotative 3 couleurs. »

Rotative taille-douce 6 couleurs (Doc. ITVF)

Impression taille-douce report
(Doc. ITVF)

Sur la même base, d’autres rotatives sont construites, mais avec un seul élément de 3 couleurs, celui de la taille-douce directe. Le séchage de l’encre est assuré par un tunnel à éléments infra-rouge, le papier anti-macule disparaît, le perforage est repéré par un dispositif électronique.

Des presses à grand rendement ont été utilisées comme la presse « Roto Color Stamp », avec 8 feuilles de 100 timbres-poste au tour de cylindre :

RCS ou RGR1 (Doc. ITVF)

Ou cette rotative RGR2 :

RGR2 (Doc. ITVF)

Ou bien cette presse « Epikos » avec comme clichés des plaques galvaniques et un essuyage par une bande de papier :

Essuyage des plaques (Doc. ITVF)

Presse « Epikos » (Doc. ITVF)

Il est utilisé pour les impressions offset – taille-douce, une presse taille-douce à feuille avec une possibilité de 4 couleurs, la PTD4 qui imprime sur des feuilles déjà imprimées en offset, comme ce premier bloc feuillet :

PTD4 à feuilles (Doc. ITVF)

D'autres presses taille-douce ont été utilisées à l'imprimerie, mais ce n'était pas pour l'impression de timbres-poste, mais pour les documents philatéliques et les lettres-chèques.