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Mon métier, c'était l'imprimerie.
Ma passion, c'est la typographie.

Ce blog sera fait de commentaires sur mes visites sur certains blogs traitant de l'impression des timbres-poste.

mardi 6 juin 2017

FEMME FACHI 50 C. TYPE 1 OU 2 ?

A la question posée par un correspondant au sujet de ce timbre de 1931, Femme Fachi 50 c., on ne peut pas parler de types différents, comme pour d’autres timbres où il y a eu 2, voire plusieurs poinçons gravés ou retouchés, mais plutôt de variété. Mais certaines idées ont la vie dure.

Certains timbres ont une ligne blanche sous le cou et des mèches de cheveux ont disparu. Cela ne provient pas d’un poinçon retouché où le graveur aurait gravé cette ligne blanche en taille d’épargne, pourquoi l’aurait-il fait d’ailleurs ?

Il n’y a eu qu’un seul poinçon, probablement un seul galvano type, et certainement plusieurs galvanos de service, autant que nécessaire.

La variété provient à n’en pas douter de la mise en train sur la rotative typographique "Chambon". Pour ce timbre, les "coussinets" ont été découpés dans une feuille de papier épais, un peu trop épais d’ailleurs, et le bord de la découpe a laissé ce trait blanc sous le cou et fait disparaître les cheveux, en raison d’une pression trop différente entre la partie du fond et le bas ou le haut du visage que l’imprimeur a voulu plus clair. Une feuille de papier moins épais aurait atténué le phénomène. Voici à quoi aurait pu ressembler ce coussinet :


La meilleure preuve que le deuxième type avec une retouche n’existe pas, c’est que les philatélistes trouvent les deux "types" se tenant. Pourquoi à la fabrication des galvanos aurait-on mélangé des empreintes avec retouche et d’autres sans. Et pourtant les 2 "types" se côtoient. Cela ne peut provenir que de la mise en train.

Ce timbre a aussi été imprimé et confectionné en carnets avec des publicités sur un demi timbre en haut et en bas, ce qui représente une hauteur totale de 3 timbres, soit 72 mm.


Pour les timbres en feuilles de 100, la rotative imprime 2 feuilles au tour de cylindre, soit 22 hauteurs de timbre, 24 mm x 22 = 528 mm. Pour les carnets, donc 3 hauteurs de timbre, cela ne tombe pas juste. En augmentant le tour du cylindre de 2 timbres, on peut avoir 8 carnets de 3 hauteurs, soit 576 mm. de circonférence, 183,35 de diamètre au lieu de 168,07, différence que la machine peut facilement accepter en modifiant les cylindres d’appel, et même sans changer le bloc de perforage.

Les philatélistes des timbres « classiques » savent que les galvanos étaient de 150 timbres d’un seul tenant, puis les galvanos de service de 50 timbres avec des inter-panneaux. Pour l’impression rotative, les galvanos de service sont toujours de 50 timbres, cintrés, mais il a été nécessaire de les fractionner, de les couper en bandes de 2 rangées et même une rangée, pour pouvoir faire correspondre l’impression avec le perforage qui, lui, ne peut être facilement déplacé. Les bandes ainsi coupées sont fixées avec des vis sur le cylindre des clichés.


Pour l’impression des carnets, pas besoin d’un galvano-type spécifique, il suffit de couper des bandes dans un galvano de service, et d’intercaler une bande avec les publicités, une pour deux rangées de timbres. Il est même possible de changer de publicité sur la machine seulement en changeant la bande de pub sans toucher au reste.

Après l’impression, à la place de la coupe, la réception se fait en bobines et pour éviter le maculage, la course de la bande de papier a été rallongée et passe devant des séchoirs électriques pour faciliter le séchage de l’encre avant l’enroulement de la bobine.



La bobine est ensuite utilisée sur une autre machine pour être assemblée avec une couverture.



Voici ce qu’écrivait R. Pouget, directeur de l’Atelier des Timbres-Poste en 1947 :


La production moyenne d’une machine était de 36000 carnets. A noter que la bande de timbres est collée et non pas agrafée comme pour les premiers carnets imprimés à plat en feuilles. Sur le Forum des collectionneurs : http://collections.conceptbb.com/t16229-la-championne-des-confectionneuses-de-carnets-recompensee un sujet pour la gratification allouée à Madame Guérineau en 1924 pour sa célérité pour le piquage des carnets, 1300 cahiers de 6 carnets de timbres-poste, alors que ses collègues en piquent normalement 800 par jour. Quelle amélioration avec cette machine !

mardi 7 mars 2017

HULOT ET LES PRESSES TYPO

Sur le Forum des Collectionneurs : http://collections.conceptbb.com/t15707-n25-1c-napoleon-laure-variete-au-niveau-du-visage, une question concernant cette variété avec un flou sur le visage :


Il est connu de tous les collectionneurs de timbres classiques, en particulier ceux de la période 1849 à 1875, que leur impression a été faite sur des presses à bras, à platine, de type Stanhope.

Cela n’a pas toujours été le cas. Une presse à cylindre a aussi été utilisée. Charles Boissay écrit dans le Journal belge "Le Timbre-Poste » de novembre 1866 :


D’autres exemples prouvent également l’utilisation d’une presse à cylindre :


Une presse à bras n’aurait pas laissé de traces vertes autour de l’impression parce que la frisquette était découpée au ras pour tenir la feuille sur le tympan, et la décoller de la forme d’impression.

La mise en train des presses à bras était très simple avec des molletons pour faire la pression, alors que pour les machines à cylindre :

Le cylindre recevait alors ce type de découpage, ces « coussinets », collé sur le cylindre :


Et pour le timbre sujet de la question, imprimé en 1870, il est probable qu’un découpage, venant renforcer l’aplat du médaillon, se soit décollé et déplacé provoquant un manque de pression devant le visage et dans le bord en haut à droite.


Tous ces éléments confirment que, sous la direction d’Anatole Hulot, certains timbres ont bel et bien été imprimés sur des presses à cylindre, au moins en 1870, mais très certainement bien avant à une période qu’il reste à déterminer.